Se laisser vaincre …

Jacob resta seul. Un homme combattit toute la nuit avec lui…1 Combat intime, entre soi et soi. Combat extime2, entre soi et l’horizon de soi.
Jacob est un type pas recommandable, usurpateur, et voleur. Aux prises avec son passé. De l’autre côté de l’oued s’étend le territoire du frère qu’il a spolié de son héritage. Poids du remords, poids de la trahison consommée, poids de la fraternité brisée. Poids de la nuit, de la solitude accablante. Corps à corps de paroles. Passage décisif.
Suis-je la somme de mes actes, glorieux ou pas ? Puis-je opérer un tri, faire soustraction parmi mes divisions ? Comment me frayer un chemin du côté de la fraternité retrouvée ? Fuir, faire face, ou se « laisser aller » ? Laisser aller, véritable sens du mot grec que l’on traduit par pardonner. Fuir ou se laisser pardonner ? Combat intime. Read More

Je suis qui je serai

Le saumon meurt de vouloir remonter vers l’amont. Cette sentence est comme inscrite dans sa nature qui le pousse à frayer dans les eaux qui l’ont vu naître et ont porté sa jeunesse.
Croire est trop souvent tourné vers le passé : on croit que quelque chose a eu lieu ou pas. Que Dieu existe ou pas. Que Jésus a fait des miracles ou pas. Que Paul a été renversé sur la route de Damas, ou pas. Bref, on fait référence à un « avant », à un événement passé. Et éventuellement à ses conséquences tels, par exemple, les bienfaits ou les méfaits de l’Église. Mais ça reste toujours du passé. Read More

Ecrire brise toute solitude

Vivre est un privilège. Il y avait tant de chances pour que jamais n’aboutisse cette millénaire hésitation moléculaire ! Mais, si vivre dépend certes de cette saga des ADN, vivre d’humanité relève aussi d’autre chose. De l’écriture : la création, c’est écrire le monde. « En premier, il y avait l’écriture« , premier verset de l’évangile selon Jean, habituellement traduit par « au commencement, il y avait le Verbe« . Le Verbe est d’abord écriture. Il grave, il découpe le mot « humain » à la surface de la terre. Pas pour le placer au centre, mais pour en faire le serviteur du poème premier. Read More

De Pâques à Pentecôte

Un temps de maturation en vue de notre capacité à répondre à l’appel de Dieu

Bien que privés de nos temps en Église, nous pouvons poursuivre notre méditation et notre accueil de la Parole de Dieu et de l’Évangile du Christ Sauveur et Vivant, dans cette période si particulière que constituent les temps liturgiques de Pâques et de Pentecôte.

Aujourd’hui, je veux vous proposer de cheminer en cherchant à mieux comprendre ce qu’ils nous disent l’un et l’autre d’essentiel pour la foi chrétienne et donc pour notre foi personnelle et communautaire. Read More

Culte du 19 avril 2020

Bonjour à toutes et à tous,

Voici un moment de prière commun
qui fait renaître en nous le désir et l’attente,
voici un temps où Dieu nous précède
et où il nous invite au calme et à l’écoute,
où la Parole de Dieu ouvre à nouveau,
un espace dans nos vies, pour accueillir et pour aimer,
pour recevoir et pour donner.
C’est le temps de la grâce, c’est le temps de la paix,
en Jésus Christ ressuscité
Amen.

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S’abandonner à un « pour rien » premier

Pour rien. Penser le « pour rien », est peut-être la tâche essentielle de la théologie, du moins protestante1. Créer pour rien, aimer pour rien, vivre pour rien. De gratuité.
La misère nous serait-elle plus acceptable si elle relevait d’un ordre supérieur, puisqu’à ce point, on ne cesse de spéculer sur des harmonies cosmiques, naturelles ou divines ? Les grandes religions ou philosophies proposent toutes de chercher et d’affirmer des lois censées régir le monde. Auxquelles il conviendrait de se conformer. Même les philosophes de l’absurde comme Camus cherchent à offrir une vision globale, à recréer un horizon dans l’abolition de tout horizon. Le « pour rien » serait-il donc insupportable ? Read More