Vivre délivré du poids du sacré

J’aime pas les bondieuseries. C’est pour ça que je suis devenu protestant. Sauf que j’ai de plus en plus souvent l’impression que même là, elles me rattrapent. Grave. Je continue pourtant à croire en un Évangile qui ne nous plonge pas dans un univers religieux, hors monde, mais qui nous met au monde. Littéralement, qui nous y jette1.
Il nous expose le monde. Dans sa faillite, dans son désastre. La figure du juste est mise à mort, d’un commun accord entre ceux qui s’estiment du bon côté de la morale, et ceux qui n’en ont que faire. L’Évangile soutient que cette tragédie constitue la défaite des dieux, la victoire d’un Dieu-Autre. Read More

Vivre, c’est se risquer

Vivre, c’est risquer. Se risquer. La situation actuelle nous le montre amplement, demeurer dans la sécurité du confinement ne préserve qu’une part de nous-mêmes. S’en contenter nous condamnerait à mort. Vivre, en humain, c’est prendre le risque de l’autre.
Vivre, c’est être confronté à l’existence de l’autre.
Dès la naissance : distinguer entre ce qui est soi et ce qui est étranger à soi, premier secret qui nous fonde. Intérioriser cette rupture, jusqu’au tréfonds de notre chair, voilà ce qui institue notre vie comme humaine. Et rien n’est gagné jamais à l’avance, il est des fois où ça échoue. Mettre au monde, transmettre la vie c’est prendre ce risque. Read More

Comment Dieu a-t-il décidé de conduire le monde ?

Plaidoyer pour une meilleure compréhension de l’œuvre de Dieu

Souvent, nous sommes confrontés à la question qui agite notre époque contemporaine depuis plusieurs décennies : pourquoi Dieu est-il si silencieux ? Il y a même pire comme formulation : pourquoi Dieu nous a-t-il abandonnés ?

Et il est essentiel que nous trouvions une réponse à cette question, d’autant plus qu’elle nous angoisse, ainsi que bon nombre de chrétiens et de femmes et d’hommes de bonne volonté !

Pourtant, je nous invite à nous poser une autre question pour nous aider à cheminer vers une résolution de la question initiale : plutôt que de nous interroger sur le silence de Dieu, je nous invite à nous demander : comment Dieu a-t-il décidé de conduire le monde ? Et ceci pour mieux comprendre son œuvre et l’accepter afin de valider l’appel du Christ à être ouvriers dans sa vigne et de devenir ainsi comme des acteurs dans la pièce monumentale qu’il a ainsi écrite. Pardonnez-moi cette image tirée de mon intérêt pour le théâtre, mais je crois qu’elle nous aide à mieux comprendre ce que nous avons à faire, comme chrétiens. De plus, cette meilleure connaissance de l’œuvre de Dieu nous permet d’y être plus fidèles ! Read More

Le présent est le temps de la confiance

Finitude. Un mot qu’on ne cesse de récuser. Être sans limite, voilà ce qui nous travaille en sourdine, tant il nous est douloureux de n’être que ce que nous sommes, construits autour d’un corps. Pourtant, c’est la finitude qui donne à chaque instant son inestimable valeur de présent. Ce que l’on peut appeler éternité1.

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Encore !

Qu’est-ce qui nous sauvera de la menace virale qui plane sur le monde ?
Les partisans du confinement, prudents jusqu’à en être coincés, ou les adeptes du pouvoir économique, audacieux jusqu’à en être suicidaires ? Et suicidaires, ils le sont quand ils préconisent un retour à l’avant Covid19 : repartir comme en … 2019 est gage de mort.
De façon cynique1, on pourrait dire que le virus fait une job2 secrètement espérée par la Bourse : allonger l’espérance de vie coûte trop cher, les inutiles ne servent à rien3 ! Sauf à en faire un marché, le marché de l’entreposage des vieux. Et il faut alors assurer la rotation du stock4 ! Loi économique et loi naturelle convergent, harmonieusement. Dangereusement ? Read More

Qui est derrière le masque ?

Masqué jusqu’aux dents, je suis monté à l’assaut de l’épicerie1, le système de livraison à domicile imposant des délais trop longs.
Tout est parfaitement organisé. Jarres de purification à l’entrée. Salut rituel au préposé chargé de réguler le nombre des chalands et de désinfecter la poignée du chariot. Visite des galeries, en suivant les flèches au sol. Regards ambigus envers les autres clients : je te laisse passer… enfin, si tu ne t’approches pas trop près ! Regards réprobateurs envers ces publicains2 qui ostensiblement enfreignent les règles. Encore des libertariens qui voteront Trump à la moindre occasion ! Allez savoir pourquoi, c’est à ce moment que je me souviens que le mot pharisien3, (peroushim, en hébreu) signifie : séparé. On a toujours besoin d’un petit publicain chez soi pour lui imputer le risque d’une possible infection… Read More