Vous avez dit apocalypse ?

Nous n’avons connu de la mondialisation que la prospérité à bon marché.
L’autre côté du globe ne l’a connue qu’à genoux.
La pax romana assurait une économie florissante, ce qui signifie que des esclaves en sont le moteur caché. Qu’il faut garder cachés.
Ἀποκάλυψις, apocalypse, dévoilement : dévoiler ce qui est dissimulé.

Invitation à sortir de la logique environnante, mise à nu, tel est le dessein et le message du livre de l’Apocalypse. Tant sur le plan politique que sur le plan personnel.
Invitation à sortir du confort des oeillères. La régulation naturelle des marchés, tout autant que la quête de la bonne conscience tuent l’humain en nous. La première nous instaure prédateurs les uns des autres. La seconde nous rend coupables de notre propre malheur. Les deux nous font prisonniers d’un même mensonge égotique. D’une même capture égotique.
La vérité n’est pas en nous. Elle est ce qui advient quand un autre ouvre nos yeux. L’ordre naturel n’est pas un ordre juste. L’ordre religieux n’est pas un ordre juste. Ils collaborent d’ailleurs si souvent ! Jésus-Christ est autre par excellence : mendiant parmi les mendiants1, dénonciateur parmi les dénonciateurs2. Pour relever les uns, confondre les seconds. Pour initier un autre monde, pour les uns et les autres.
Dévoiler un secret : ce qui prétend être le garant de l’humain n’est que son geôlier, mais un crucifié passé de mode, méprisé et dérisoire, a semé une espérance à la fois utopique et géo-localisée !
1 Voir, par exemple Marc 12 : 41-44, récit dit de la pauvre veuve où Jésus se reconnaît dans le geste de cette femme qui donne de son manque.
2 Voir par exemple, Matthieu 23 où Jésus s’en prend très durement aux pharisiens.

Didier Fievet

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