Message pour la semaine du 1er au 6 juin 2020

La crise sanitaire peut-elle être une occasion favorable pour promouvoir une commune humanité ? Cette question me paraît d’autant plus importante que nous avons peut-être ressenti fortement que nous étions tous, quelle que soit notre appartenance sociale et nationale, impliqués et concernés par cette crise mondiale. Je l’ai déjà remarqué lors d’un précédent message, la crise n’est pas que sanitaire et nous devons percevoir aussi ces complications que sont les situations extrêmes du logement, de la famine, des migrations… pour pouvoir mesurer l’étendue de cette crise mondiale. Et ceci pour être davantage conscients de l’ampleur de la mission chrétienne, en pensant à cette parabole du jugement dernier : « J’ai eu faim… » (Matthieu 25, 31 à 46).

Pour fonder correctement cette promotion d’une commune humanité, il nous faut d’abord prendre à nouveau en considération la portée universelle de l’Évangile du Christ Sauveur et Vivant. Cette Bonne Nouvelle peut toucher tout être humain et donc bouleverser toute sa vie. Encore nous faut-il être pleinement conscients de l’étendue de cet Évangile et pour cela prendre le temps nécessaire afin d’en percevoir toute la portée. Repérons déjà que la notion d’Évangile nous rend capables de saisir qu’elle nous oriente vers l’idée d’accomplissement : les promesses faites au peuple élu d’Israël sont en voie d’accomplissement en Christ et dans le peuple de la Nouvelle Alliance !

Puisque tout être humain peut être touché, il nous faut, comme Église du Christ répartie sur toute la terre habitée, redéployer notre manière de vivre cet Évangile en prenant la mesure de cette terre habitée. Nous ne le pouvons qu’en ressentant de manière plus vive la communion fraternelle avec tous nos frères et sœurs en Christ, d’une part, avec nos frères et sœurs en humanité, d’autre part. Personnellement, je suis en effet persuadé de la nécessité de percevoir l’importance de ces deux cercles, à la fois distincts et également nécessaires. Nous n’avons pas à oublier un des deux cercles ni à confondre les deux en un tout informe. La mission chrétienne comprend de manière distincte l’annonce de l’Évangile et la diaconie (ou l’entraide), voire une vérité plus ample avec cette notion du service accompli en faveur de tous dans la justice et la paix. Nous avons ainsi à vivre et à annoncer l’Évangile, en le comprenant comme Parole féconde et efficace et comme Bonne Nouvelle : c’est dire que nous ne pouvons être témoins de cette Bonne Nouvelle qu’en nous référant au Christ, d’une part, en en vivant concrètement les composantes dans la vie de tous les jours, d’autre part. Sans quoi, nous ne ferons que parler la Parole de Dieu au lieu d’en vivre les effets dans une vie renouvelée.

Être une Église en mission pour collaborer à cette œuvre universelle accomplie par le Christ et aujourd’hui par le Saint-Esprit, c’est accepter de sortir de nos murs, de nos peurs, afin de rencontrer les êtres humains « de ce monde » en nous rappelant toujours que ces autres êtres humains sont également créés par Dieu, à son image et selon sa ressemblance et que le monde dans lequel ils vivent comme nous est celui « que Dieu a tant aimé… qu’il a donné son Fils, son unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16). Nous avons à nous redéployer dans ce monde afin de vivre et d’annoncer cet Évangile, Bonne Nouvelle pour toute la vie et la vie de tous les êtres humains. Il nous appartient d’y croire vraiment et de ne pas attendre que nos contemporains y croient d’abord, car c’est bien notre communauté qui est envoyée aujourd’hui dans le monde et non le monde qui est envoyé à notre communauté !

Et de ce fait, nous avons à saisir à nouveau que nous n’avons pas à nous limiter à une relation individuelle avec Dieu, mais qu’au contraire nous avons à élargir notre relation avec Dieu dans une relation avec tous les frères et sœurs qu’il nous donne aujourd’hui : nos frères et sœurs en Christ et nos frères et sœurs en humanité. Il nous faut sortir de la crise mondiale en acceptant de vivre la dimension universelle de l’œuvre de Dieu accomplie en son Christ.

A nouveau, je partage avec chacun de vous mes salutations fraternelles, en espérant vous voir bientôt, dans notre Église.

Yves Noyer.

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