Culte de La Pentecôte 31 mai 2020

La version audio du culte de La Pentecôte du 31 mai 2020 est disponible. Cliquez pour écouter

La grâce et la paix vous sont données

de la part de Dieu notre Père

et de Jésus Christ notre Sauveur.

Au jour de la Pentecôte,

l’Esprit se saisit des disciples du Christ,

et dans leur diversité, ils se font entendre des uns et des autres.

Soyez les bienvenus ! Où que vous soyez, ensemble, nous devenons l’Église.

Que l’Esprit se saisisse de chacun de nous

et nous saurons être les signes de la présence de Dieu dans le monde !

PRIÈRE

Dieu notre Père, aux jours de désert intérieur,

lorsque les mots sonnent creux et que tout manque de relief,

quand notre cœur nous accuse…

Enracine en nous un souffle neuf !

Aux jours de lassitude,

où nous sommes épuisés par ce que nous vivons,

et plus encore par ce que nous ne vivons pas,

quand notre cœur nous accuse…

Enracine en nous un souffle neuf !

Aux jours de solitude,

lorsque le chemin vers les autres semble interminable ou barré,

quand notre cœur nous accuse…

Enracine en nous un souffle neuf !

Aux jours de maladie,

lorsque notre corps se dérobe et que nous nous demandons pourquoi,

quand notre cœur nous accuse…

Enracine en nous un souffle neuf !

Aux jours de déchirement,

lorsque les eaux troubles de la culpabilité font des vagues en nous,

quand notre cœur nous accuse…

Enracine en nous un souffle neuf !

Aux jours de désespérance,

lorsque doutant de toi et de nous-mêmes nous retrouvons nos vieilles ornières,

quand notre cœur nous accuse…

Enracine en nous un souffle neuf !

Dieu plus grand que notre cœur, emmène-nous sur les ailes de la tendresse !

Il est temps de respirer plus large, au rythme de ton souffle !

MUSIQUE : « Il fait toutes choses nouvelles » 

PRIERE AVANT LA LECTURE DE LA BIBLE

« Comme la pluie et la neige descendent des cieux

et n’y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre et fait germer les plantes,

sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange,

ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche :

elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté,

et accompli avec succès ce pour quoi je l’ai envoyée ». (Esaie 55, 10-11)

Nous allons nous mettre à l’écoute de ta Parole dans les Écritures.

Nous te prions pour que ce matin elle vienne arroser et féconder notre terre,

elle fasse germer en nous la foi, l’espérance et l’amour,

elle soit semence pour notre vie, et nourriture pour notre route. Amen.

LECTURES BIBLIQUES

– Ac 2, 1-13

Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer.

Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. » 

Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » D’autres s’esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux. »

– Jérémie 31, 31-34

Les jours viennent — déclaration du SEIGNEUR — où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, 

non pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai saisis par la main pour les faire sortir d’Egypte, alliance qu’ils ont rompue, bien que je sois leur maître — déclaration du SEIGNEUR. 

Mais voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël, après ces jours-là — déclaration du SEIGNEUR : Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai sur leur cœur ; je serai leur Dieu, et eux, ils seront mon peuple. 

Celui-ci n’instruira plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : « Connaissez le SEIGNEUR ! » Car tous me connaîtront, depuis le plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand — déclaration du SEIGNEUR. Je pardonnerai leur faute, je ne me souviendrai plus de leur péché.

De mon balcon, je vois passer tout le voisinage. La famille qui sort avec tous les enfants, tout le monde porte consciencieusement son masque. D’autres voisins sortent aussi, eux je ne les ai jamais vu avec un masque. On se croise, on se jauge. Les uns pensent certainement que les autres sont déraisonnables. Et réciproquement.

Depuis mon compte Facebook, j’ai accès aux nouvelles de beaucoup d’églises. Celles qui ont organisé tout un tas de rencontres online pendant le confinement. D’autres, qui ont choisi d’envoyer des nouvelles par courrier postal, en attendant de pouvoir se revoir en vrai. Les uns pensent aussi certainement que les autres sont déraisonnables. Et réciproquement.

Au temps des disciples de Jésus, tout un tas de nationalités sont rassemblées à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte. Ceux qui se réunissent pour prier dans la chambre haute. Ceux qui profitent de l’affluence pour faire la fête et savourer le vin doux. Les uns sont-ils plus raisonnables que les autres ?

Au temps du prophète Jérémie, c’est l’exil. Une partie du peuple d’Israël vit en déportation à Babylone. Ce sont ceux qui chantent le psaume 137 : « Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion […] Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel sur une terre étrangère ? ». Il y a aussi ceux qui sont restés en Israël et qui ont vu s’installer des populations étrangères. Les uns et les autres se regardent de loin, les uns s’estimant plus fidèles que les autres. Et réciproquement.

Je pourrais poursuivre longtemps la liste des situations de division, de rupture, tant il est difficile de vivre ensemble. Tant il est difficile de former un corps, un peuple, une communauté, quand on vit chacun des situations si diverses. Ces derniers temps, chacun étant renvoyé chez soi, les contacts avec les autres étant à éviter, cette division se fait peut-être encore plus criante. Il est peut-être encore plus difficile de « faire église », comme on dit, c’est à dire de rassembler d’une façon ou d’une autre, les jeunes et les vieux, les bien-portants et les personnes vulnérables, ceux qui ont travaillé à marche forcée et ceux qui ont été privés de travail, ceux qui vivent une heureuse solitude et ceux qui subissent l’isolement, ceux qui sont à leur aise sur Internet et ceux qui préfèrent le papier.

Et bien la bonne nouvelle, chers amis, c’est que Pentecôte nous donne de célébrer cela : l’unité de ce corps disparate. L’église est peut-être même un des rares lieux où cela est possible : faire communauté avec tant de singularités, de vécus différents, d’attentes différentes. Et cela, s’il vous plaît, sans devenir le lieu de la dissolution individuelle, de l’uniformité, du collectif écrasant.

Comment c’est possible ?

¤ Don de la Torah ¤

La fête de Pentecôte, au départ, célèbre du don de la Torah, au Sinaï, cinquante jours après la sortie d’Egypte. Cet événement est fondateur de l’identité du peuple d’Israël. Dieu intervient pour libérer son peuple de l’esclavage et lui donne les directives qui lui permettront de vivre ensemble à la fois libres et responsables les uns des autres. Les tables de la loi seront ensuite transportées dans l’arche de l’alliance, jusqu’à Jérusalem où elles sont précieusement conservées dans le saint des saint, dans le temple. Jérusalem devenant le lieu où l’on peut célébrer le culte.

Seulement voilà, au temps de l’exil, le temple de Jérusalem est saccagé. Le peuple est dispersé. Plus moyen de se rassembler au temple pour prier. Difficile de former ainsi le peuple de Dieu. En exil, en temps de crise, il faut écrire. Il faut écrire pour ne pas oublier, il faut écrire pour transmettre. Il faut raconter ce qui nous fonde, ce qui fait de nous un peuple. Les textes de l’ancien testament sont nés de cet exil. Ces textes, et leur transmission, deviennent une « Torah portative », qui n’a plus besoin du temple de Jérusalem pour servir de socle à l’alliance avec Dieu. Une Torah qui s’inscrit dans les cœurs et avec elle la fin de la médiation sacerdotale : car si la Torah est inscrite dans le cœur de chacun, alors la connaissance de Dieu est intime et n’a plus besoin d’intermédiaires.

Dans le livre des Actes des apôtres, les disciples sont réunis à Jérusalem pour cette fête-là. C’est là, qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. Qu’est-ce que l’Esprit Saint sinon Dieu qui se donne à connaître, dans nos cœurs, par sa Parole ? Une Parole de Dieu qui ne se résume pas à un ensemble d’enseignements extérieurs, gravés quelque part sur des tablettes et qu’il faudrait suivre à la lettre, mais qui est dans ce que nous avons reçu comme vrai pour nous, ce qui nous relève et nous fait vivre, ce qui nous fonde et que nous voulons transmettre.

Ça, c’est la version de l’évangéliste Luc, auteur des Actes des apôtres. Mais si on lit dans l’évangile selon Jean, qui était aussi proposé cette année à notre méditation, alors les disciples sont réunis, enfermés, quand Jésus ressuscité les rejoint. Il leur donne sa paix, il souffle sur eux et leur dit «  Recevez l’Esprit saint. A qui vous pardonnerez les péchés, ceux-ci sont pardonnés ; à qui vous les retiendrez, ils sont retenus ». (Jn 20, v22-23) Une pentecôte un peu différente, où le souffle créateur de Dieu vient redonner vie à ceux qui s’étaient claquemurés dans la peur. Une reprise relationnelle avec Dieu, dont la proximité est telle qu’elle permet aux disciples de faire ce que Dieu seul peut normalement faire : pardonner.

En fait, les disciples réunit à Jérusalem pour Pentecôte, reçoivent, à nouveau, la Torah. La Torah comme une alliance bien plus qu’une loi. Ils sont au bénéfice de cette alliance nouvelle que décrit le prophète Jérémie aux exilés : connaître Dieu et être connu de lui. Cette alliance n’est pas nouvelle en ce qu’elle serait novatrice, innovante ou en rupture avec l’ancienne alliance. Cette alliance est nouvelle dans ce qu’elle s’adresse à nouveau à celui qui la reçoit. Dans les jours qui viennent, dans ce monde nouveau qui s’ouvre chaque matin, Dieu remet à neuf son alliance. En Jésus-Christ, Dieu renouvelle son alliance avec l’humanité. Du plus petit au plus grand. Pour toi, pour moi, pour eux, pour nous.

¤ Peuple réconcilié ¤

D’un peuple divisé, il forme un nouveau peuple. La maison d’Israël et la maison de Juda, réputés irréconciliables, forment désormais un seul peuple. Les langues de feu qui se posent sur chacun des disciples leur donne de se comprendre, les uns les autres, chacun dans sa langue maternelle c’est à dire chacun dans sa singularité. Ainsi naît l’église : peuple de Dieu rassemblé dans une heureuse diversité.

Ce sont les mêmes personnes pourtant. Mais leur identité est renouvelée. Leur identité n’est plus constituée des traits caractéristiques de leurs situations : l’un n’est pas « homme libre » tandis que l’autre est « esclave », l’une n’est pas « femme » tandis que l’autre est « homme », pas plus que l’un n’est pas « accros aux nouvelles technologies » tandis que l’autre est « bloqué dans le temps révolu du pigeon voyageur ». « Car c’est dans un seul Esprit que nous tous — soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres — nous avons reçu le baptême pour appartenir à un seul corps ; et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. », dit ainsi l’apôtre Paul (1 Co 12, 13). Tous, ils trouvent leur identité dans le lien à Dieu. Dans la connaissance de Dieu, qui n’est pas une connaissance théorique mais une connaissance intime, une fréquentation quotidienne, l’expérience d’un chemin partagé.

Ce ne sont pas nos efforts qui nous permettent de vivre ensemble, ni même de « faire église ». Ça nous est donné, dans la reconnaissance de ce lien commun que nous avons avec Dieu. La seule chose que nous avons à faire c’est de reconnaître ce lien, pour nous-mêmes et pour les autres. Acquiescer à cette alliance que Dieu veut avec nous. Reconnaître que l’autre, mon voisin, qui ne parle pas la même langue, est au bénéfice du même amour, du même pardon, du même appel à la vie.

« Comment chanter les cantiques de l’Éternel sur une terre étrangère ? », demandent les exilés ? Mais, mon frère, ma sœur, il n’y a pas de terre étrangère pour Dieu. Il n’y a pas d’exil possible ! Dieu se fait proche, tout proche, sur ton cœur ! Chante donc, car il te renouvelle son alliance ! Chante donc car il fait de nous tous, ensemble, son peuple, son église.

Amen.

MUSIQUE : « Saint Esprit Dieu de Lumière » version chorale régionale

ENVOI

Le prophète Elie s’est enfermé dans une caverne, il est découragé et abattu.

Au fond de son trou, Dieu l’appelle :

Le Seigneur dit : Sors, tiens-toi sur la montagne, voici, le Seigneur va passer…

Il y eu un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers,

le Seigneur n’était pas dans le vent.

Après le vent, il y eu un tremblement de terre,

le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre.

Après le tremblement de terre, il y eu un feu,

le Seigneur n’était pas dans le feu.

Après le feu, il y eu le bruissement d’un souffle ténu…

En l’entendant, Elie se voilà le visage avec son manteau,

il sortit et se tint à l’entrée de sa caverne…

Le Seigneur lui dit : Va, reprend ton chemin.

La paix de Dieu n’est pas un vent violent qui fracasse les rochers et érode les montagnes.

La paix de Dieu n’est pas un tremblement de terre.

La paix de Dieu n’est pas un feu.

La paix de Dieu est un souffle ténu,

qui se pose sur ton cœur et apaise tes peurs.

La paix de Dieu est un murmure

qui rafraîchit ta foi, qui te relève et t’envoie.

Que la paix de Dieu soit avec toi, pour aujourd’hui et pour toujours. Amen.

MUSIQUE : « Parler au cœur du monde » 

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