Vivre d’humanité

Ma dernière méditation, entre guerre et combat, m’a valu plusieurs réactions. Notamment de celles et ceux qui ont été enseignés à se comprendre comme « soldats du Christ ». Il est vrai que dans la Bible fleurit, ici ou là, un langage guerrier. Sans parler des « saintes cohortes », cantique d’un autre temps mais qui semble avoir laissé des traces !
Quelle vision de la vie que celle qui l’apparente à une guerre ? Bien sûr, l’humain a dû affronter un milieu souvent hostile, apprendre à l’apprivoiser, à s’y insérer. Et bien sûr, cette insertion consiste à s’inscrire dans les mécaniques naturelles, qui sont guerrières. Mais serait-ce la vie que nous voudrions léguer à nos enfants, cette vie belliqueuse ? La vie humaine, en tant qu’elle est humaine, n’est peut-être pas un combat, mais un accueil. Même à l’égard de la nature : habiter la terre comme humain, c’est accueillir les subtilités de ses équilibres. On ne s’en aperçoit que trop cruellement en ces temps de crise écologique. Read More

Peut-on combattre sans être guerrier ?

Quelqu’une me dit : « mais peut-on combattre sans être guerrier ? », faisant référence à la méditation d’hier (Quel est ton humus ?)
Bien sûr, le sens des mots a toujours quelque chose d’arbitraire. Mais, sans prétendre fixer la signification de chacun d’eux, pour moi les mots combat et guerre désignent des univers différents. La guerre est collective, nationale, mondiale. Elle mobilise, elle recrute, elle embrigade pour détruire un ennemi identifié. Le combat, lui, implique des individus, jusqu’à pouvoir devenir singulier. Le combat vise une victoire, pas un anéantissement. Le combat engage, là où la guerre enrôle. Visée et ressort diffèrent. Read More

Quel est ton humus ?

Peu à peu les choses s’imposent. Plus le temps passe, moins elles sont exotiques. Les systèmes pré-pensés s’effondrent. Les dénonciations sont plus vaines que jamais. Les fanfaronnades plus illusoires. Il va nous falloir penser à partir de ce réel qui nous heurte de plein fouet : c’est une chose qui nous arrive et qui nous échappe tout à la fois.

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Recommandations de Martin Luther en période d’épidémie

Je demanderai à Dieu par miséricorde de nous protéger. Ensuite, je vais enfumer, pour aider à purifier l’air, donner des médicaments et les prendre. J’éviterai les lieux, et les personnes, où ma présence n’est pas nécessaire pour ne pas être contaminé et aussi infliger et affecter les autres, pour ne pas causer leur mort par suite de ma négligence. Si Dieu veut me prendre, il me trouvera sûrement et j’aurai fait ce qu’il attendait de moi, sans être responsable ni de ma propre mort ni de la mort des autres. Si mon voisin a besoin de moi, je n’éviterai ni lieu ni personne, mais j’irai librement comme indiqué ci-dessus. Voyez, c’est une telle foi qui craint Dieu parce qu’elle n’est ni impétueuse ni téméraire et ne tente pas Dieu.

Martin Luther

Désir ou convoitise …

À partir des versets 7 & 8 du chapitre 7 de la lettre aux Romains, et 27-29 du chapitre 13 de Matthieu

Un même mot grec, épithumia, semble dire à la fois le désir et la convoitise qui sont souvent considérés comme synonymes.
Sauf qu’on sait bien que convoiter renvoie à la volonté de posséder un objet. Comme si posséder cet objet constituait un aboutissement… Avant qu’une nouvelle envie fasse miroiter son impérative nécessité. La publicité sait cela très bien, qui nous promène d’objet en objet. Read More

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savons tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « Arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement stoppé net. À cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va-t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? À quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche. Read More