Appel à résistance

Dans vie, vous aurez beaucoup à chialer, mais calmez-vous le pompon, j’ai gagné l’affaire pour toute la gang. C’est la version en québécois courant du verset 33 du chapitre 16 de l’évangile selon Jean.

« Je vous ai dit cela pour qu’en moi vous ayez la paix. En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde ! »

Appel à résistance

Les résistants m’inspirent une totale admiration : capacité à discerner la cause juste, oser l’adopter, risquer sa vie puisqu’il n’y a dans ce risque qu’elle prend sens. C’est ce degré de conscience qui m’impressionne, bien plus que l’héroïsme (trop contingent, trop aveugle, trop glorieux). Il faut une clairvoyance et un sens de la vie hors du commun. Ça leur est donné.

Appel à résistance

À nous tous ! La cause est claire : protéger les autres et se protéger. Mais il y a plus. Résister, c’est aussi tirer les leçons de la crise, d’ores et déjà avant qu’elles ne soient noyées dans l’euphorie de la victoire. Dont la première : nous ne sommes pas maîtres de la vie. Et tant mieux, nous n’en ferions qu’un pouvoir de mort. Ne pas confondre une saine curiosité scientifique pour mieux habiter la terre et un orgueil insensé.

Appel à résistance

Résister, pour moi c’est enraciner mon courage dans un événement à portée cosmique : mon Dieu est mort. S’il semble impossible aux humains d’échapper à toute transcendance (l’athéisme, lui-même, est devenu une religion !), le Dieu que Jésus incarne préfère mourir que de continuer à alimenter nos fantasmes de toute-puissance, nos idoles de pieux asservissement. En subissant et en traversant le malheur, Il refuse d’en être compris comme la cause. Mais comme son adversaire résolu.
Le Dieu mort… pour moi, c’est le Seul à être vivant !

Didier Fievet

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